Dernière soirée à Sarajevo

Publié le par Lux

Soirée bien arrosée, mais malheureusement pas par ce que vous croyez !
Aujourd'hui, c'était mon dernier jour complet à Sarajevo. J'ai dormi près de 10h, j'en avais besoin! Il était prévu que Elis, le fils des propriétaires de la Pansion Stari Grad, m'emmène à Visoko voir les fameuses pyramides. Mais il pleuvait un peu ce matin et l'excursion a été annulée, car par temps de pluie, il n'est pas possible de grimper au sommet des pyramides.
A la place, j'ai pris le tram 3, direction Ilidja, pas pour aller faire trempette aux sources de la Bosna (c'est juste une expression, car c'est interdit !), mais pour plonger 14 ans en arrière et pénétrer l'un des hauts lieux de la résistance sarajévienne en temps de siège, The Tunnel of War, tunnel construit entre le 28 janvier et le 30 juillet 2003 sous l'aéroport de Butmir par l'armée bosniaque.
Début 2003, une famille de ce faubourg de Sarajevo voit sa maison réquisitionnée pour son emplacement stratégique, juste derrière l'aéroport. Cette même famille, en revenant après guerre dans sa maison, a sauvé une partie du tunnel ainsi que des objets ayant servi à creuser sous terre ou appartenant a l'armée bosniaque. 
Pour parvenir jusqu'au musée, j'ai du prendre le tram puis un bus, puis descendre à pied la rue menant au musée, rebaptisée Tunneli. Juste derriere le musée, les avions décollent et atterrissent. On nous montre un film d'archives vidéo tournées pendant la guerre. Je préfère la ville aujourd'hui...
L'un des guides nous explique avec une pincée de regret dans la voix qu'hier, c'était le 14ème anniversaire de la construction de ce tunnel et pour la première fois depuis la fin de la guerre, aucun représentant officiel de la ville ne s'est déplacé...
Le tunnel s'est effondré peu de temps après la fin des combats. La seule partie restante est celle entretenue par le musée. Il était à l'origine long de 800 m et on ne pouvait s'y déplacer que courbé... Jusqu'à 4000 personnes l'ont emprunté quotidiennement.
Apres avoir goûté un Doner, sorte de khebab mais avec l'excellent pain bosniaque, j ai profité du temps nuageux mais sans pluie pour faire un tour en centre ville. Je suis passée devant la brasserie de Sarajevo, la <Sarajevska pivara>, puis j'ai traversé la Miljacka dont une pelleteuse nettoyait le lit de son trop plein de cailloux, pour ensuite grimper vers la forteresse militaire qui domine la vieille ville. Le point de vue y est imprenable sur Sarajevo.
De retour dans le centre, j'en ai profité pour me balader comme n'importe quel Sarajevien, marchant le long de Ferhadjia pour un peu de lèche vitrine, m'arrêtant observer les joueurs d'échec dans le parc face à l'église orthodoxe, puis remontant vers Barscarsija pour déguster une autre spécialité bosniaque, le burek. J'ai assisté ce midi à sa fabrication. Le cuisinier prend une poignée d'une pâte liquide qu'il fait tourner dans l'air à toute vitesse jusqu'à ce qu elle s'étire et forme comme une large surface translucide. Il parsème ensuite la pâte de viande ou de ce fromage bosniaque très salé, puis la roule en forme de boudin, comme le pain aux raisins français.
A 20h, il s'est mis à tomber des trombes d'eau, d'où le post de ce soir, car rien ne sert de se tremper un peu plus ! Il fait d'ailleurs plutôt froid, et je porte un T Shirt + un gilet + un pull + mon K Way... Et non, je refuse d'enfiler la polaire alors que j'étais en maillot de bain il y a à peine 3 jours !
Demain, mon avion décolle a 14h35.
Veni, vidi et Volim Sarajevo ! (Volim veut dire J'aime...)

Publié dans Reality

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