Prendre l’avion, quel pied !

Publié le par Lux

Pression extrême pour un bipède sans ailes : prendre l’avion ! J’ai beau avoir une confiance aveugle en l’aéronautique moderne et sa flotte d’avions télécommandées à distance par satellites, une petite idée s’accroche malgré tout à mes neurones tel un vieux chewing-gum poisseux : et si mon avion avait brusquement envie, en plein vol, de quitter le ciel direction le sol à la vitesse de la lumière ? Avant de formuler cette idée sacrilège, j’ai bien sûr croisé tous mes doigts de mains et de pieds puis j’ai vérifié qu’il n’y avait ni échelle ni chat noir dans mon appartement.
J’adore pourtant prendre l’avion. J’en discutais d’ailleurs l’autre jour avec l’un des multiples descendants de l’homme de Cro-magnon : « l’avion, très cher, quel progrès pour les bipèdes ! ». Et le descendant d’acquiescer : « c’est, paraît-il, le moyen le plus sûr de voyager. Bien sûr, c’est aussi l’un des moyens les moins utilisés. Et tu connais l’adage à propos de ce qui ne s’use que si l’on s’en sert... ».
Nous avons alors pensivement admiré le ballet des avions dans le ciel digne du motif des serviettes de ma grand-mère : un beau quadrillage blanc sur fond bleu azur. « A quelle hauteur volent-ils d’après toi ? » m’a-t-il alors demandé. « Certains avions volent à une altitude de plus de 30 000 pieds. Figure-toi d’ailleurs, je me suis renseignée, que les pieds en question ont une longueur de 0,3048 mètre ! ».
Pourquoi compter en pied une distance que personne ne pourrait parcourir à pieds justement ? Encore une histoire d’hégémonie américaine, seule nation avec le Libéria et le Myanmar à ne pas avoir encore adopté officiellement le système métrique décimale.
Le pied dans le monde contemporain est pourtant une valeur qui compte. Au Moyen-Âge, les hommes faisaient des pieds et des mains pour établir des mesures à peu près correctes. Aujourd’hui, tout le monde s’aligne sur le Système International d'unités, ou système décimal, 1 m = 100 cm = 1000 mm… Sauf exceptions, notamment dans le calcul des distances. D’où les 30 000 pieds posés les uns sur les autres pour relier l’avion à la Terre. 30 000 pieds soit 15 000 hommes entre moi et le sol, une ville entière accrochée à la carlingue pour que je puisse voyager l’esprit tranquille par-delà les frontières, au-dessus des montagnes, plaines et océans !
Les pieds glissés dans les charmantes et chaudes chaussettes de la compagnie Air Madagascar, je remercierai la technologie de me propulser en à peine 11 heures à l’autre bout de la planète. L’avion donne des ailes à nos rêves.
Voler, quel pied !

Publié dans Reality

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