Franz Jullien, taxidermiste

Publié le par Lux

En apparté, voici une interview réalisée dans le cadre de mon travail, la découverte d'un métier qui m'a toujours fasciné : celui de taxidermiste. J'ai eu l'opportunité de rencontrer Franz Jullien, l'un des taxidermistes de la Grande Galerie de l'Evolution.

«Un taxidermiste ? C’est bien celui qui empaille les animaux ?»
Un tour à la Grande Galerie de l’Evolution suffit pour constater que la taxidermie, c’est plus qu’une histoire de « paille » ! Cette technique permet la conservation après leur mort de toutes sortes d’animaux, de l’insecte à l’éléphant en passant par le poisson, la pieuvre ou le lézard !
Un métier riche et passionnant dont parlerait pendant des heures le camarguais Franz Jullien, l’un des taxidermiste de la Grande Galerie de l’Evolution.
Interview avec l’accent du sud !

Quel a été votre parcours ?
Franz Jullien : J’étais dès mon enfance très attiré par la nature. Après un bac sciences agronomiques et techniques (équivalent STAE) en lycée agricole, j’ai suivi une formation de technicien de musée à Montpellier. Je suis entré directement au Muséum national d’Histoire naturelle, tout d’abord au laboratoire des reptiles et amphibiens puis à la Grande Galerie de l’Evolution, au Service de Conservation, Département des Galeries.

Présentez nous le Service de Conservation
F.J. : Le Service de Conservation s’occupe des collections de la Grande Galerie. Il les enrichit, les entretient et les restaure. Il intervient aussi lors de la fabrication des expositions temporaires.
Nous sommes 3 taxidermistes, tous spécialisés. Un s’occupe des grands mammifères, l’autre des petits mammifères et des oiseaux. Je suis le 3è et me consacre aux reptiles, amphibiens, poissons et invertébrés.
Il y a aussi un plasticien qui fait de la sculpture et du moulage.

Quelles sont vos principales tâches ?
F.J. : Elles sont multiples ! Il faut régulièrement désinsectiser la Grande Galerie en posant des pièges à insectes et deux fois par an, nous fermons le site pour une désinsectisation totale. Même soucis de protection pour les collections sous-vitrines.
Sinon, nous avons tout un travail de diffusion des connaissances au public, ce que je fais par exemple en vous recevant à la Grande Galerie. Il y a bien sûr la gestion des stock de matériel et le travail technique de taxidermie sur les animaux.

Comment traitez-vous un animal pour qu’il soit ensuite exposé à la Grande Galerie ?
F.J. : Tout spécimen reçu doit être accompagné de documents douaniers et sanitaires, même s’il est mort sur le territoire français. On n’accepte plus les dons de particuliers, car il est nécessaire de bien connaître la provenance de l’animal.
Suivant l’état du spécimen, il est soit traité en « frais » (directement), soit passé au congélateur pour éliminer tout risque biologique.
La première étape est de dépouiller l’animal pour garder la peau et le moins d’os possible. Les squelettes, s’il faut les conserver, sont traités par les anatomistes et ostéologues. La peau est tannée pour être transformée en cuir imputrescible (qui ne peut pas pourrir). Il faut ensuite reconstituer le corps. Si l’animal est de grande taille, on travaille soit sur un mannequin rigide (moulage ou sculpture sur résine, plâtre, mousse…), soit sur un mannequin souple, soit par bourrage (fillasse, fibre de bois…). L’animal est mis en forme : pose de yeux en verre, couture de la peau, retouche de peinture…
Les insectes, eux, sont conservés par séchage et les crustacés par injection. Les mollusques sont en général conservés en bocal.

Combien d’animaux traitez-vous par an et sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
F.J. : Un taxidermiste de musée peut prendre son temps. Nous travaillons pour l’éternité, les collections doivent tenir le plus longtemps possible : certains animaux de la Grande Galerie ont plus de 300 ans ! Les spécimens qui sont manipulés par le public durent beaucoup moins longtemps.
Je peux traiter jusqu’à 200 animaux par an, selon leur taille.
En ce moment, je finalise la sculpture d’un poisson-scie « Pristis » de 6 mètres de long, sa taille maximale. Le poisson qui me sert de modèle a été pêché au Sénégal, mais il est beaucoup plus petit !
Je vais aussi participer à l’exposition « Mouches » (4 avril – 10 septembre 2007), plus spécialement sur les mouches artificielles pour la pêche. J’animerai d’ailleurs un atelier sur le montage des mouches artificielles: n’hésitez pas à venir me voir !

La Grande Galerie de L'Evolution
Jardin des Plantes
www.mnhn.fr

Publié dans Reality

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